„Ich bin, wenn Du nicht bist“ – ein kollegialer Diskurs

Ulrich Sollmann

Abstract


L’idée du thème du présent numéro et la préparation de ce dernier ont donné naissance à une discussion engagée, différenciée et très riche au sein de l’équipe de rédaction. Ce thème est de toute évidence en rapport avec l’importante question de la professionnalisation de notre métier, mais il touche également au domaine de l’identité - chacun cherche à s’établir dans le contexte de son propre courant thérapeutique. L’histoire de la psychothérapie, la différenciation progressive des différents courants et la professionnalisation de la discipline ont conduit à élaborer différentes formes d’organisation ; celles-ci, en se développant de manière autonome, ont réussi à garantir plus ou moins bien la survie des différentes méthodes. Cette survie a, à son tour, influé de manière importante sur le processus de professionnalisation et d’établissement de notre métier. Elle a, par ailleurs, également contribué à créer des ressources qui pourraient servir à l’élaboration d’une identité (des courants), les renforçant et leur permettant de s’affirmer au sein du champ de la psychothérapie. On pourrait presque dire que mieux un courant psychothérapeutique se développe au niveau de son organisation et plus il est ancré de manière stable dans cette dernière, plus il joue un rôle actif et fructueux dans le processus de professionnalisation.

La discussion qui a eu lieu entre les membres de notre rédaction a mis en évidence le fait qu’à un niveau sémantique, ‘organisation’ n’a pas le même sens pour tous. Les uns entendent ce terme dans le sens de ‘courant thérapeutique’, les autres dans le sens de ‘méthode’ ou encore ‘d’orientation’. On peut aussi considérer une organisation comme un système regroupant différents sous-systèmes, évoluant et (inévitablement) se différenciant ou se scindant. Ces différences sémantiques reflètent - et c’est significatif - des différences aux niveaux de l’appréciation, de l’interprétation et de la formulation de conclusions. Tous ces éléments sont en rapport avec différentes dimensions relevant de l’organisation de la psychothérapie. Celle-ci inclut en effet les aspects suivants : histoire, signification sociopolitique, paroles d’un groupe professionnel, association de collègues partageant les mêmes idées dans le sens où ils ont fait la même formation en thérapie ou où ils considèrent qu’ils travaillent plus spécialement de la manière élaborée par le fondateur d’un courant. Il m’a donc paru utile de présenter, d’une part, des articles scientifiques spécialisés permettant d’approfondir un aspect particulier et de l’éclairer sous un angle spécifique. Mais, d’autre part, compte tenu du débat au sein de la rédaction, il semble également important de considérer le discours en soi comme un instrument permettant de cerner la notion d’organisation.

Des représentants de diverses perspectives s’expriment ci-dessous. Ces cinq collègues ont en quelque sorte pris place autour d’une table virtuelle pour répondre aux mêmes questions. Leurs réponses et déclarations sont le reflet d’approches significatives, mais variées, du thème de l’organisation de la psychothérapie et de la professionnalisation de ce domaine.
Les membres de notre rédaction ont décidé de tenir compte de la dimension discursive dans le structure du présent numéro. Vous ne trouverez donc pas dans la partie plus théorique les articles scientifiques habituels, mais des textes contenant les réflexions personnelles de professionnels. Pour que cette partie se lise plus facilement, nous avons décidé de ne pas suivre le format habituel. Elle ne contient donc pas de résumés, ou de mots-clés, mais une synthèse du contenu est présentée. Nous vous prions de nous le pardonner et vous assurons que cette manière de faire demeurera l’exception.

Simon est médecin, psychanalyste, psychothérapeute et conseil auprès d’organisations. Dès le début, il ramène la discussion à un niveau moins émotionnel en indiquant qu’il n’est pas possible de comprendre et de développer une organisation (une profession ou une orientation) en utilisant uniquement/principalement des concepts psychothérapeutiques. Concernant la question de savoir s’il peut arriver que la psychothérapie adopte les traits d’une religion, il considère que certaines organisations de psychothérapeutes deviennent parfois presque des systèmes religieux, surtout du vivant de la personne ayant élaboré l’approche en question. Il reste que leurs contenus sont bien évidemment différents de ceux d’une religion.

Kriz traite de la dimension historique en rapport avec les cent dernières années, donc de l’évolution de la psychanalyse/psychothérapie jusqu’à nos jours. Il montre que ses fondateurs craignaient que leur théorie ne puisse demeurer suffisamment pure. Cette attitude n’était naturellement pas compatible avec les exigences posées par l’univers académique. Différents paradigmes psychothérapeutiques furent élaborés qui, selon lui, étaient plus différenciés que ceux qui sont utilisés en médecine. Toujours selon Kriz, les questions fondamentales abordées par la psychothérapie ont toujours un aspect « quasiment religieux ». Il plaide donc pour que l’orthodoxie soit en partie éliminée du domaine de la psychothérapie, sans toutefois que les concepts centraux soient mélangés pour obtenir une seule soupe, en quelque sorte.

Michelmann sait mieux que quiconque comment la psychothérapie en Allemagne a subi un processus de professionnalisation, car elle a assumé pendant plus de quinze ans une fonction de responsable dans ce contexte. Elle est nettement contre le monopole que tentent d’obtenir les différents modèles. Cependant, à la fin de son article, elle ajoute que la pratique psychothérapeutique a bien résisté aux tentatives qui ont été faites en Allemagne pour la rendre plus scolaire et plus bureaucratique, etc.

Petzold fait le procès de la psychanalyse, de la psychanalyse traditionnelle, de la psychologie des profondeurs ainsi que d’autres méthodes plus récentes. Il regrette que toutes ces approches soient moins influencées par la médecine, les sciences en général et les sciences naturelles en particulier. Selon lui, au moment d’organiser la discipline il faudrait porter plus grande attention à la « théorie de la volonté » et à la« théorie de l’apprentissage » - ce que les courants psychothérapeutiques ne font pas suffisamment.

Kornbichler décrit le processus d’acquisition d’une identité, de scission et d’organisation en utilisant l’exemple de la relation entre Freud et Adler. Il considère en outre les différents champs de tension ou dilemmes auxquels la psychothérapie est confrontée dans la société, en partie en raison des conditions politiques.


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